mes dernières chroniques



MES DERNIÈRES CHRONIQUES

samedi 29 avril 2017

Popcorn Melody • Emilie de Turckheim

Chronique littéraire "Popcorn melody", par Mally's Books
Lorsque j’ai parcouru le catalogue des Editions Héloïse d’Ormesson, Popcorn melody n’est apparu comme un livre plein de promesses. J’avais envie d’un bon roman, sans prise de tête. Un livre un brin fantasque, déconnecté de la réalité. En deux mots, j’aspirais au voyage. Ne connaissant pas la plume d’Emilie de Turckheim, mais ayant entendu beaucoup d’avis positifs sur son univers décalé, je me suis lancée dans la moindre appréhension, au contraire, plutôt contente de faire une nouvelle découverte. Pourtant, j’ai survolé la lecture sans vraiment trouver de point d’ancrage. L’intrigue n’a pas su capter mon attention comme je l’aurais souhaité. 

La quatrième de couverture… 



« Tom Elliott est le propriétaire de l'unique supérette de Shellawick, petite ville du Midwest où le chômage et l'alcoolisme font des ravages. Seule l'usine de pop-corn du groupe Weeping Bison permet à la région de survivre. Un jour, un immense supermarché décide de s'implanter face au magasin de Tom. » 

Mon avis… 


La première impression que l’on a de Popcorn melody, c’est l’attractivité de sa couverture. Chatoyante et déconcertante, elle nous plonge dès le départ dans l’ambivalence américaine : entre attachement extrême à sa terre natale et folie consumériste. Visuellement, j’ai eu l’impression d’entrer dans un monde parallèle, une sorte de Tex Avery shooté à l’alcool de maïs. Et cette première approche m’a complètement séduite. 

Puis, j’ai rencontré Tom, un être plein de fantaisie. Enfant-star, héro des paquets de céréales, Tom est un jeune rêveur qui n’a que peu d’ambitions. Mais c’est sans compter sur son père, barbier renommé qui rythme sa vie au gré des millimètres de poils sectionnés. Pour lui qui a toujours vécu au plus profond du Midwest, Tom vaut mieux qu’un destin tout tracé en direction de l’usine de popcorn. Non touré de zate ! Son fils fera des études ! Qu’importe que son esprit divague aussi vite qu’arrive la tempête. Et voilà notre Tom, diplômé par miracle qui loin des aspirations de son désormais feu paternel décide de réaliser son rêve : ouvrir une supérette. Bien sûr, loin de lui l’idée de faire des affaires, ce qu’il souhaite : créer une petite bulle de « Bonheur » pour recueillir les états d’âme des habitants de Shellawick. Une source intarissable pour a poésie d’annuaires téléphonique. 

La vie est belle : on se lève, on boit, on tue les mouches. Mais un jour la résignation du quotidien se voit troublée par un ennemi de taille. Un supermarché installé juste en face de chez Tom. Comment survivre à ce monstre de prix cassés et d’air climatisé ? De la folie douce, Tom sombre dans une névrose alimentée par poussière du Pierrier et les étranges habitudes d’Emily Dickinson. 

Emilie de Turckheim nous propose une fable tendrement sarcastique sur vie du Midwest. Son style est délirant, nourri par une prose décomplexée entre dialogues ruraux et poésie de comptoir. Les personnages sont ouvertement loufoques mais j’avoue que j’ai eu beaucoup de mal à saisir leurs motivations. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Où sont-ils ? Des bases de la littérature que je n’ai pas su identifier et qui m’ont complètement perdue. Pourtant, derrière une légèreté au ton peu commun, on voit clairement que l’auteure tisse l’étendard de deux critiques : l'anéantissement de la culture amérindienne et la destruction programmée qu’engendre la sur-consommation. 

Pour résumer… 


On ne peut retirer à Emilie de Turckheim son esprit volatile et brin révolutionnaire. Avec cette galerie de personnages burlesques, l’auteure marque les esprits. Malheureusement, son inventivité excessive ne sert pas le fond du roman : rappeler la réalité sociale des terres américaines reculées. J’ai eu du mal à entrer dans l’intrigue et j’en ressors un peu déçue. Dommage ! 

Ma note… 


13/20

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...