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vendredi 27 janvier 2017

Les herbes folles • Philippe Fréling

Chronique littéraire Les herbes folles par Mally's Books
Ma première rencontre avec Les herbes folles de Philippe Fréling s’est faite un peu par hasard. Lorsque j’ai fait ma sélection de rentrée, auprès des Editions Denoël, j’avais initialement jeté mon dévolu sur Les milles talents d’Euridice Gusmão. Malheureusement, le roman n’était plus disponible*, alors on m’a proposé de découvrir Les herbes folles publié début janvier, et je dois dire que j’avais été plutôt séduite par l’accroche. Un portrait de femme dans la France des années 50, tiraillée entre le poids de la guerre d’Algérie et le désir de construire. La grande question était comment cette jeune femme va prendre son destin en main malgré un début de vie à l’opposé des normes de l’époque ?

Et puis quand j’ai reçu le livre, j’ai lu la quatrième de couverture et me suis sentie complètement dépossédée de l’histoire que j’avais imaginé. Je ne l’ai pas trouvée attractive, j’ai presque eu l’impression qu’un sentiment de malaise s’installait alors que je me suis pourtant laissé très facilement prendre par le fil du texte. Quel dommage que le résumé ne soit pas plus représentatif ! Certains passeront peut-être à côté d’un récit plein d’espoir et de pugnacité.

La quatrième de couverture…


" Elle vit quelque part en province, dans la France des années 50, celle de la guerre d’Algérie. Elle connaît un premier homme, il lui fait un enfant. À cet homme on la marie. Il est absent, infidèle. Le divorce prononcé, la jeune femme laisse son enfant à sa mère, part travailler en ville. Ouvreuse dans un cinéma, un soir où on projette Johnny Guitar, elle fait la rencontre d’un deuxième homme. Il est militaire. Ils vont à l’hôtel, passent quelques nuits ensemble. Un matin, le militaire s’en va rejoindre son régiment en Algérie. Lui a-t-il fait un enfant? Elle le craint. Elle l’espère. Elle décide que oui. Très vite, elle en a la confirmation : elle porte un enfant de cet homme parti là-bas, faire la guerre. Il est le père de son enfant, il faut qu’il le soit. Il est son mari, il faut qu’il le devienne. Elle est prête à tout pour ça. Une question de vie ou de mort. D’amour peut-être.

Voici l’histoire de cette femme et de ses deux enfants : comment avec elle ils viennent au monde ; comment, dans les herbes folles, ils viennent à la vie."

Mon avis…


A la lecture des premières pages, ce qui saute aux yeux c’est le parti-pris de l’écriture. Les mots choisis sont sobres, simples mais le ton très impersonnel. Une jeune femme, sa mère, son frère, ses enfants, son amant. Au fil des paragraphes, les personnages se dévoilent, mais ne portent ni noms, ni prénoms. L’absence d’identités déroute et pourtant, on se laisse prendre au jeu. Se dessine alors une histoire presque universelle. Celle d’une jeune fille naïve qui succombe aux charmes d’un homme plus âgé, tombe enceinte et se confronte aux réalités de la vie. Puis c’est l’échappatoire : le divorce. Impensable pour l’époque mais qui lui permet de repartir sur une existence nouvelle. Pourtant l’histoire se répète. A nouveau, le charme opère. A nouveau, les corps s’enlacent. A nouveau, l’homme fuit et laisse derrière lui le souvenir d’un ventre qui enfle petit à petit.

A ce moment du récit, on se demande où veut nous emmener l’auteur. La naïveté de cette jeune femme sera-t-elle le fil conducteur de l’intrigue ? Des lettres s’échangent entre la jeune femme retournée chez sa mère et son amant militaire désormais parti au front, en Algérie. Des lettres qui laissent entrevoir l’espoir d’un avenir meilleur, celui d’une famille reconstituée et unie. Le militaire lui a dit. Il l’aime, veut l’épouser mais ne peut malheureusement pas rentrer en France. Les années passent. L’enfant grandit. Tout au long de l’histoire plane le doute. Son militaire se joue-t-il de sa candeur ou est-il sincère ?

Mais finalement, ce n’est pas tant le dénouement de l’intrigue qui est important, mais plutôt le message que fait passer l’auteur avec son texte. Philippe Fréling s’accroche au culte de l’instant présent. Les difficultés du quotidien ne sont que des broutilles, face à l’innocence de la jeunesse. Entre les lignes se dessine une ode à la vie, à l’amour, guidée par le désir.

Pour résumer…


Grâce à son personnage de « fille perdue », Les herbes folles marque l’insouciance de la jeunesse, l’amour de la vie. Entre espérance et réalité, une fille-mère construit sa vie, s’affranchit des conventions en décidant un jour de ne plus être spectatrice de sa destinée mais d’en devenir maîtresse. Une douce histoire qui nous interroge sur la notion de confiance, en soi et en les autres.

Ma note…


13/20

* Il y a depuis eu un peu de changement, nous aurons donc le plaisir de découvrir ce livre ensemble la semaine prochaine.

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