Le premier jour du reste de ma vie • Virginie Grimaldi

13:34:00

Chronique littéraire Le premier jour du reste de ma vie par Mally's Books
Le coup de cœur pour un livre est un paramètre éminemment personnel. Alors lorsqu’on nous prête un roman, c’est quitte ou double. Soit on adore et s’en suivent des heures de discussions détaillées autour du thème, des personnages, de l’écriture… Soit on reste de marbre au risque d’instaurer le malaise avec le prêteur.

Spontanément, je ne me serai pas dirigée vers un livre tel que Le premier jour du reste de ma vie. Généralement, je suis plutôt du genre à fuir la chick-lit que je trouve trop stigmatisante. Des romans écrits par des femmes, pour des femmes… Je n’aime pas qu’on nous réduise à une littérature désinvolte. A première vue, ce livre ne me correspondait pas du tout. Et pourtant, il fut un compagnon surprenant, qui m’a fait passer un très bon moment.


La quatrième de couverture…


« Marie a tout préparé pour l’anniversaire de son mari : gâteaux, invités, décoration de l’appartement... Tout, y compris une surprise : à quarante ans, elle a décidé de le quitter. Marie a pris « un aller simple pour ailleurs ». Pour elle, c’est maintenant que tout commence. Vivre, enfin. Elle a donc réservé un billet sur un bateau de croisière qui fait le tour du monde. À bord, Marie rencontre deux femmes qui, elles aussi, sont à la croisée des chemins. Au fil de leurs aventures, parfois loufoques, elles pleurent et rient ensemble, à la reconquête du bonheur. Leurs vies à toutes les trois vont être transformées par ce voyage au bout du monde… Tout quitter pour tout recommencer : une comédie tendre et savoureuse ! »

Mon avis…


Comme point de départ de son histoire un peu désuète Virginie Grimaldi s’est penchée sur le déclic. Ce point de basculement lorsqu’on passe d’un état à l’autre. Ce jour où on se rend compte que notre quotidien ne nous correspond plus. En filigrane, se dessine une foule de questions. Comment devenir soi quand on a été celle des autres ? Comment se débarrasser de cette façade que l’on voit, que l’on juge mais qu’au fond on ignore ? Comment reprendre le contrôle sur soi-même.
Face à ses interrogations, le personnage de Marie prend le contre-pied et s’autorise trois mois d’oxygène au bord de l’eau. Trois mois pour faire le tour du monde en solitaire. Trois mois pour voyager, pour rêver et pour se découvrir. On pourrait s’attendre à une histoire silencieusement introspective, mais la solitude n’est pas salvatrice de tous les maux, et être bien accompagné vaut parfois toute la sagesse de l’isolement. Cette histoire, c’est avant tout celle d’une amitié inattendue entre trois femmes aux parcours bien différents. Ensemble, elles vont recoller les morceaux de leurs destins ébréchés, et reprendre goût à la vie.

Ne cherchons pas la profondeur dans ce texte. C’est une lecture de vacances dont le principal intérêt est de nous faire sourire et de nous détendre. Alors c’est un fait, on glisse doucement dans le feel-good un peu culcul qui nous donne l’illusion que la vie est trop facile, et qu’avec un peu d’espoir, tout s’arrange comme par miracle. Les chapitres sont courts, les pages défilent. Ce qu’on apprécie, c’est la souplesse.

Mais dans la lecture, il y a ce qu’on perçoit, ce qu’on analyse, ce qu’on retient, mais il y a également la partie immergée de l’iceberg : la personnalité de l’auteur. Je ne connaissais pas Virginie Grimaldi. La curiosité m’a poussé sur son blog et pendant une demi-heure j'en ai oublié ma vie, mes envies, mes contraintes pour plonger dans son quotidien. Alors que son premier roman ne m’a pas transporté, je me suis laissée emporter par le récit de ces quelques bribes de vie de femme, de mère, d’amante…. Au fil des billets, j’ai découvert une écriture désarmante, juste, frontale. Un terreau fertile pour décrire les émotions de tous les jours. Sans prétention, elle pose ses mots, avec ses doutes et ses défauts. Mis bout à bout, elle excelle dans l’écriture du moment présent.

Pour résumer…


Un brin naïf et caricatural, l’idée générale de ce roman est honorable : s’accorder un peu de rêverie. Et même si les réalités décrites sont parfois un peu trop idéalisées, ça fait du bien.

La grosse surprise de ce titre n’est pas tant l’histoire, qui en soit ne demande pas un gros investissement, mais réellement la plume de l’auteure, bien plus riche qu’elle ne peut le paraître. Plus que le livre en lui-même, les fragments de texte de son blog m’ont donné envie de suivre l’évolution littéraire de Virginie Grimaldi, c’est donc avec une réelle curiosité que je lirai son second roman Tu comprendras quand tu seras grande.

Pour conclure, une guimauve qui apporte un peu de gaieté, mais qui surtout, cache bien son jeu.

Ma note…


14/20

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5 commentaires

  1. J'ai beaucoup entendu parler de ce livre, je pense que si j'ai l'occasion de le lire ce serait avec plaisir mais sinon il ne me tente pas plus que ça :)

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    1. Pour buller cet été, c'est une très bonne option =)

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  2. J'ai adoré ce livre qui pour moi qui suis difficile n'était pas du tout guimauve malgré le plein de bons sentiments.

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    1. Bonjour Marine,

      Oui, ce livre est plein de bons sentiments, et quand j'utilise le mot "guimauve", ce n'est pas péjoratif. Simplement, je trouve que l'intrigue n'a pas beaucoup de profondeur, ce qui est dommage car pour moi l'auteure a un potentiel énorme !

      Etant aussi difficile, j'ai passé un très bon moment avec ce livre et encore plus en furetant sur le blog de Virginie Grimaldi. Son écriture ne me laisse pas septique, mais au contraire très curieuse. En soit, c'est une découverte plutôt intéressante.

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  3. J'en ai beaucoup entendu parler, mais comme toi, je redoute un peu le thème !

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