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samedi 17 septembre 2016

Sukkwan Island • David Vann

Chronique littéraire Sukkwan Island par Mally's Books
Lorsque la vie se délite, l'isolement est-il la solution ? Sukkwan island, c'est un peu la chronique d'un repli sur soi-même qui va conduire à l'irréparable.

Le récit sombre et glaçant d’une descente aux enfers inéluctable. Accrochez-vous…


La quatrième de couverture…


" Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin."

Mon avis…


Les intentions Jim peuvent paraître nobles : tout plaquer pour passer un an avec son fils au large de l'Alaska. Une occasion unique de se recentrer sur soi-même et de renouer les liens familiaux. Après tout, qu'est-ce qui pourrait faire plus plaisir à un gamin de 13 ans, en pleine adolescence, que de s'isoler seul, coupé du monde, avec son père ? On sent déjà poindre le malaise... On passera sur l'irresponsabilité d'une telle décision, qui finalement reflète plutôt bien la personnalité de ce père totalement paumé. Mais bien évidemment, la mauvaise préparation de Jim l'aventurier et la motivation plus que modérée de Roy pour la vie sauvage ne feront pas bon ménage.
Malgré les difficultés à communiquer, les premières semaines se passent dans une relative douceur. Le temps est clément, nos deux colocataires chassent, pèchent, aménagent leur cabane et préparent l'arrivée de l'hiver. Mais l'humeur de Jim est changeante, passant de l'euphorie aux sanglots incontrôlables et Roy peine à trouver sa place. Peu à peu, une ambiance étouffante s'installe ente le père et le fils.

Dès les premières pages, ce livre soulève beaucoup de questions. Son organisation en deux parties bien distinctes matérialise assez clairement le clivage qui s'installe entre les deux protagonistes, et instaure un rythme assez surprenant.
La première moité du livre est centrée sur les pensées de Roy, le fils. On s'intéresse à ses interrogations sur la vie. Roy qui a grandi avec ce père comme modèle et se demande comment ce dernier a pu en arriver à un tel niveau d’indécision, de dépression, d'auto-apitoiement. On apprend à découvrir cet enfant qui devient homme et se trouve dans une situation qu'il n'a pas choisi, sans savoir comment agir pour arranger les choses. Coincé au beau milieu de ces réflexions personnelles, le lecteur a tendance à s'égarer, à baisser sa garde. Et en trois pages, tout a basculé sans même que l'on comprenne comment et pourquoi. Un drame, que l'on ne peut dévoiler sans révéler l'intrigue, vient rebattre les cartes. Un drame d'une violence inouïe qui nous laisse complètement abasourdi.
A partir de ce moment, le rythme s'intensifie et la seconde partie du roman devient difficile à lâcher. Paradoxalement, l'horreur est à son comble ! On s'enfonce dans l'esprit torturé d'un homme. On plonge dans une incontrôlable folie. L'écriture brute et presque désinvolte de David Vann tranche avec l'atrocité de la situation qu'il décrit. L'angoisse est l'ingrédient principal de ce roman sombre, dur, troublant et qui clairement nous retourne l'estomac.

Pour résumer…


Mon sentiment sur ce livre est indéfinissable. Sukkwan island créé un profond malaise, une sensation d'étouffement, d’écœurement qui est difficilement supportable ; mais à la fois on perçoit le génie littéraire de l'auteur. Car ce roman n'est pas seulement l'histoire du combat entre l'homme et la nature, il révèle une morale abominable mais cruellement réaliste : l'égocentrisme peut tuer.
Sukkwan island est un livre coup de poing. A lire, à condition d'avoir le cœur et le cerveau bien accrochés.

Ma note…


14/20

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