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mercredi 14 septembre 2016

L'introspection littéraire N°3 : 10 livres, 10 émotions...

L'introspection littéraire #3 10 livres, 10 émotions
Le propre de la littérature est de susciter des émotions chez le lecteur. De le faire voyager, s'aventurer là où jamais il n'aurait mis les pieds, l'inciter à prendre position et à dépasser ses limites. La lecture est un puits sans fond de sensations et chaque livre déclenche en nous un sentiment unique.

Pour ce troisième volet de l'Introspection littéraire, j'ai eu envie de vous faire découvrir dix livres qui ne m'ont pas laissé indifférente. Que j'en ai aimé ou non l'histoire et l'écriture, chacun de ces titres m'a apporté un petit quelque chose, et m'ont aidé à évoluer en tant que lectrice.



L'exercice n'est pas si simple. J'avoue avoir cherché longtemps à quel ouvrage associer certaines émotions ; alors que pour d'autres, j'ai eu du mal à choisir un livre. Ceci dit, je suis contente d'avoir pris le temps de réfléchir à ces associations car cela m'a rappelé au bon souvenir de ces livres, que j'ai plaisir à vous faire découvrir.

Il m'a rendu heureuse

Le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didier Laurent

Etrangement, les gens qui ont lu ce livre, dans mon entourage sont restés de marbre. Personnellement, j'ai adoré la légèreté de cette petite nouvelle, qui remet un peu de gaîté dans le quotidien. Le graphisme est décalé, les personnages résolument étranges et légèrement barrés, mais le tout mit bout à bout créé une atmosphère pleine d'euphorie. Façon shoot à l'hélium, on redécouvre les petites joies de la vie. En somme, Le liseur du 6h27 est un conte moderne plein d'optimisme. C'est revigorant !

Il m'a fait réfléchir

Souad, brûlée vive de Marie-Thérèse Cuny

Ce témoignage fut l'un de mes premiers chocs littéraires. A 17 ans, Souad est victime d'une agréssion terrible perpétuée par sa propre famille. Aspergée d'essence, elle est ensuite brûlée vive. Condamnée pour pour avoir eu le culot de... parler à un garcon ;  et de ce fait  d'avoir jeté l'opprobe sur la famille.
J'avais 12 ans quand ce livre est sorti et bien évidemment, cette histoire a été un veritable choc pour moi. En réalité, j'ai eu une double perception de ce livre. A ma demande, ma mère m'en a tout d'abord lu quelques passages. J'avais déjà été très marquée par la violence des actes et je ne comprenais pas pourquoi les hommes avaient "le droit" de perpétuer de telles atrocités. Pour moi, cette barbarie était inconcevable...
Quelques années plus tard, j'étais toujours hantée par cette histoire alors j'ai lu le livre. Je voulais comprendre ce qu'étaient ces fameux crimes d'honneur et pourquoi ils étaient encore tolérés dans certaines parties du monde. Souad, brûlée vive m'a fait prendre conscience de l'importance des inégalités hommes-femmes et de l'injustice dont mon genre était encore victime.
Une décenie plus tard, je ne peux que constater que l'opression n'a guère été endiguée. J'ai envie de relire ce témoignage, tout simplement pour me souvenir qu'il y a encore bien des combats à mener.

Il m'a déçue

Le caveau de famille de Katarina Mazetti

Bien sûr, j'ai été déçue par beaucoup de livres et généralement par des suites qui ne me semblent pas à la hauteur du texte d'origine. J'ai tendance à penser que "Les histoires les plus courtes sont les meilleures". Conclusion, il faut savoir s'arrêter à temps.
Pourtant, quand j'ai ouvert Le caveau de famille, j'étais plutôt confiante. J'avais adoré Le mec de la tombe d'à côté pour son originalité et pour l'écriture déliée de Katarina Mazetti. J'étais persuadée de passer un très bon moment. Malheureusement, c'est une dégringolade de clichés. Peut-être n'ai-je pas su saisir la subtilité du texte, mais pour moi, cette suite est un désastre qui reste ma plus grosse déception.

Il m'a brisé le coeur

Ce qui ne nous tue pas de Carole Declercq

Ma plus belle lecture de l'année ! Jamais je n'avais si bien noté un livre, mais celui-ci représente vraiment tout ce que j'aime. J'ai été transportée, j'ai aimé, j'ai frissonné, j'ai eu peur. Aux côtés de ces deux amants maudits, je suis passée par toutes les étapes de la cruauté, du désir, de la honte, du patriotisme. J'en suis sortie lessivée, mais définitivement marquée.
On est bien loin d'une banale histoire d'amour impossible, au contraire, l'auteure nous emmène dans un tourbillon d'émotions contradictoires. Ce livre m'a brisé le cœur, tout simplement parce qu'il m'a fait passer par tous les états.
Ne passez pas à côté d'un si beau livre, c'est un beau roman d'amour et de tolérance.

Il m'a émue


Difficile de ne sélectionner qu'un seul livre qui m'a émue tant ils ont été nombreux. Mais cet enchevêtrement de destins de femmes tient une place particulière dans mon palmarès. Tout simplement car au delà du livre, la rencontre avec l'auteure a été déterminante pour moi. Grâce à elle, j'ai compris que nul ne pouvait sciemment s'imposer un mode de vie, juste parce que les convenances le suggèrent. Élémentaire n'est-ce pas ? Et pourtant pas si simple à accepter lorsqu'on débute dans la vie. Pression sociale oblige...
Son roman fait étrangement échos à cette entrevue formatrice. L'auteure propose un ouvrage transgénérationnel qui met la femme en valeur dans ce qu'elle a de plus charmant, mais aussi de plus cruel. Dix femmes de tout âge et de tout horizon dont le point commun est de confier le soin de leurs corps à Alice. L'esthéticienne recueille leurs peines, leurs aspirations, leurs envies, leurs peurs et tente d'apaiser leurs démons intérieurs. En découle un recueil au fort pouvoir d'identification, qui dresse un large portrait des femmes d'aujourd'hui.

Il m'a ennuyé

Crime et châtiment de Fiodor Dostoïevski

N'en déplaise aux puristes de la littérature russe, je me suis réellement fait ch***. Le moment n'était certainement pas le bon pour commencer un tel ouvrage et je ne nie en rien la qualité du texte, mais simplement j'ai trouvé ça lourd et peu entraînant.
Je ne désespère pas car c'est sans conteste l'un des classiques à avoir lu dans sa vie.

Il m'a fait peur

Vipère au poing d'Hervé Bazin

Je ne sais trop si c'est le livre en lui-même qui m'avait effrayé, ou  si ce sont les images du film qui ont nourrit mon imaginaire, mais cette histoire m'avait fait une très forte impression.
A peine sortie de l'enfance, cette guerre psychologique entre une mère et son fils m'avait horrifiée. Le personnage de Folcoche est l'emblème absolu de la marâtre. Autoritaire, méchante et prête à tout pour affirmer sa main-mise sur la maisonnée, et surtout sur ses enfants. Privation, violence, humiliations... Tout est bon pour briser ses jeunes garçons. Pourtant, c'était sans compter sur l'acharnement de Jean, le benjamin qui va user de tous les stratagèmes pour faire plier sa mère.
Tout au long du roman se livre un véritable combat entre dominant et résistant. Les mots sont cinglants, les scènes rudes, dans mes souvenirs, parfois même difficilement soutenables. Cette lecture avait été un choc pour moi car je n'avais encore jamais une telle fureur, une telle haine.
J'ai lu Vipère au poing et Souad, brûlée vive la même année et autant vous dire que j'ai perdu pas mal de mes idéaux sur l'amour maternel inconditionnel...

Il m'a laissé perplexe

Merci pour ce moment de Valérie Trierweiler

En temps normal, loin de moi l'idée de prêter attention aux considérations politiques, du moins à tout ce qui a trait aux bas mouvements d’ego de nos dirigeants chéris ; mais l'histoire du scooter, des croissants et tout ce qui s'en suivit avait malgré tout attiré ma curiosité.
Lorsque ce livre est sorti, je m'attendais aux confessions d'une journaliste politique qui reprend sa vie en main, ouvre les vannes pour régler ses comptes et développer sa réflexion politique sur le mandat de son ex-compagnon. Mais ce texte n'est qu'une longue litanie sur les mésaventures amoureuses d'une femme blessée, humiliée et dépossédée. Oui, certes, c'est la réalité. Mais où est l'intérêt ? A par vendre et se faire plaindre, je ne vois pas tellement...
A la vérité, après avoir lu ce témoignage, Madame Trierweiler a baissé dans mon estime. Je voyais en elle une journaliste estimée, une femme autonome et accomplie. Je trouve qu'elle a exposé la plus mauvaise partie d'elle-même dans ce brûlot. Quel dommage de ne pas avoir rebondi avec plus de classe et fierté.

Il m'a mis en colère

Jamais assez maigre ! de Victoire Maçon d'Auxerre

" Rarement un livre m'a mis aussi en colère ! " Voici les premiers mots de ma chronique publiée en mai dernier.
A mon sens, nul besoin d'en dire davantage ici. Je vous propose simplement de cliquer sur le lien ci-dessus pour découvrir mon avis sur la question. J'avais allègrement déversé mon dégoût pour le monde de la "mode", qui c'est bien connu, nous rend plus belles...


Il m'a (agréablement) surprise

La nuit des temps de René Barjavel

Il fut mon premier roman de Science Fiction et jusqu'à présent également le dernier. J'ai adoré cette histoire, pourtant lorsqu'on m'a mis le livre dans les mains, dans le cadre d'une lecture scolaire, j'avais un peu tiqué. De la SF à l'école ? Et puis quoi encore ?! Comme quoi, à 15 ans, les préjugés ont la dent dure. 
Au XXème en Antarctique, des chercheurs scientifiques découvrent à une profondeur de 1000 m, une sphère dorée dans laquelle reposent un homme et une femme d'une beauté presque irréelle. Après étude, il s'avère que les deux protagonistes sont les survivants d'une civilisation éteinte depuis 900 000 ans. Cette découverte ouvre la porte à toutes les spéculations. 
Sous la toile d'une tragique et très belle histoire d'amour, René Barjavel nous entraîne dans une civilisation perdue presque idéale. Tous les espoirs sont permis...

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