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jeudi 28 juillet 2016

Les yeux d'Astrid • Jean-Marie Kassab

Chronique littéraire Les yeux d'Astrid par Mally's Books
En tant que lectrice, j’ai la conviction que chaque auteur a l’objectif de laisser une trace à travers le récit qu’il propose. Après ma lecture, je ne saurai dire quel était celui de Jean-Marie Kassab en écrivant Les yeux d’Astrid. Peut-être n’ai-je pas saisi la subtilité de ce roman qui m’a semblé plus moralisateur que constructif. Je n’ai pas été touchée par ce texte qui m’a au contraire plutôt irritée…


La quatrième de couverture…


"Victime d’un père autoritaire, Francis, travailleur acharné devenu millionnaire fait récemment faillite. En instance de divorce de surcroît, le cumul des problèmes le mène au désespoir. Envisageant pour un moment le suicide, il se retrouve au hasard des routes face à face sur une plage déserte avec une inconnue prénommée Astrid. À travers quelques questions judicieuses, Astrid ouvre les yeux de Francis, l’aide à identifier ses problèmes réels et à poursuivre sa quête du bonheur pour retrouver la joie de vivre qui était en fait à portée de main. Leur débat prend la forme d’une vraie leçon de vie."

Mon avis…


On ouvre le livre sur un constat déchirant : la vie est dure.
Francis est un requin du commerce et de la finance qui a construit son succès grâce au rachat d’entreprises en faillites. La cinquantaine bien tassée, il regarde le monde du haut de son « salon privé avec un ballon de cognac à la main », satisfait de son étalage de richesses et du « respect » qu’il inspire autour de lui. Francis est un battant, un gagnant qui exècre l’échec et n’a pas à rougir de sa réussite. Il en est persuadé, rien n’est plus essentiel dans la vie que de se vautrer dans ces millions durement gagnés. Car c’est bien connu, l’argent peut tout acheter, même l’amour et le bonheur.

Sur le toit du monde, il est surpuissant. Enfin, jusqu’à ce qu’un mauvais placement financier fasse voler ses certitudes en fumée. Après avoir passé des années à balayer le monde de son mépris, notre « héros » se retrouve désormais face à sa solitude avec pour seule richesse en poche, un revolver supposé lui offrir la dignité d’un repos bien mérité.

Le temps semble désormais venu de prendre du recul sur lui-même. Et Francis, non content de faire rugir sa détresse à travers le moteur de son coupé-cabriolet, va faire son introspection, tout d’abord au fond d'un motel pouilleux où les cafards ont élu domicile. Quoi de mieux que de tâter le milieu des pauvres pour prendre la mesure de la désolation ? Puis, son âme en peine le mène au bord d’une plage aussi belle que sauvage. Là il fait une étonnante rencontre. Astrid apparaît. Grande, brune, sportive, affublée de large lunettes de soleil et la jolie inconnue excelle en joutes verbales. A tour de rôle, ils vont se livrer.
Lui va faire sa propre psychanalyse, pestant contre cette technologie qui l’a rendu prisonnier, regrettant d’avoir raté l’essentiel : sa famille. Puis, c’est le moment de l’Œdipe. Si son propre père avait montré davantage de fierté pour sa personne, peut-être n’aurait-il pas développé une telle obsession du gain, juste pour lui montrer que si, il était capable. Ah ! Les ambitions démesurées des parents… Mais heureusement, Astrid est là pour le remettre sur la bonne voie. Car sa clairvoyance n’a d’égale que… sa cécité. Ironie du sort, une aveugle qui lui permet de voir clair !

Du début à la fin, le texte respire le cliché. On pourrait à la limite excuser l’approche maladroite, les longueurs quant à l’insaisissable mystère qui plane sur cette étrange rencontre ; mais arrivée à la moitié du livre, après avoir passé 70 pages à voir le héros se morfondre dans ses problèmes de riches, j'en suis encore à me demander : "Mais qui est cette fameuse Astrid ? ".
Et si encore l’apparition de ce personnage venait réveiller l’intrigue, mais elle ne fait que rajouter une couche d’incrédulité au récit. Alors comme ça dans la vrai vie, une simple rencontre peut redonner la vue à un aveugle et ramener la richesse à un ruiné ? Je devrais me promener plus souvent sur les plages !

Pour résumer…


Je déplore également une écriture trop littéraire qui use du pathos à foison mais ne rentre pas dans de réelles émotions. Le texte est truffé de références littéraires et culturelles qui, au lieu d'apporter de la qualité au récit, donnent une impression de superficialité. J’y vois une rencontre, certes plausible, mais globalement surfaite et finalement peu crédible. Pourtant, la morale de l’histoire est simple : dans la vie il faut savoir mesurer sa chance car tout le monde n'en a pas tant. Mais est-il besoin d'un texte si creux pour rappeler cette vérité universelle ? Désolée, mais je ne crois pas au contes de fées.

Ma note…


09/20

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