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MES DERNIÈRES CHRONIQUES

samedi 30 juillet 2016

Ezequiel • Simon Mazière

Chronique littéraire Ezequiel par Mally's Books
Cet article ouvre la voie à une nouvelle série que j'espère aussi riche qu'inattendue.

A l'ouverture de ce blog, l'une de mes ambitions était d'aider de jeunes auteurs à faire découvrir leur travail. Car si les néo-écrivains sont de plus en plus nombreux, les maisons d'éditions, elles, sont parfois plus frileuses à éditer de parfait inconnus. Qui plus est, le travail d'écriture est chronophage, psychologiquement et physiquement éreintant, pas toujours rémunérateur et laisse souvent peu de place et peu de moyens à toutes les activités annexes nécessaires à la sortie d'un livre : protection du texte, relecture, réécriture, choix du modèle d'édition, marketing opérationnel, promotion, diffusion ...Aussi petite soit mon échelle, j'ai envie d'apporter mon regard de lectrice et mes compétences de communicante à ces auteurs dont l'implication est remarquable.

Le premier récit dont je souhaitais vous parler s'intitule Ezequiel, c'est une petite nouvelle écrite il y a quelques années par un membre de ma famille et qui n'avait jusque-là pas trouvé de lecteurs hors du cercle proche de l'auteur.
Avant toute chose, je tiens à assurer que ma proximité avec l'auteur n'a en aucun cas influencé mon regard de lectrice et de chroniqueuse. Je me fais, certes un plaisir de pouvoir l'aider comme je le peux, mais cela ne change en rien mes opinions.

La quatrième de couverture...

"J'ai embrassé la nuit sur ses lèvres et la rue m'a pris la main". 

Ezequiel c'est l'histoire ordinaire d'une descente en enfer d'un jeune Salvadorien attiré par les sirènes des gangs. Un destin tragique lié à un pays dont on oublie trop souvent qu'il est en guerre civile depuis plus de vingt ans."

Mon avis...


San Salvador, l’une des villes les plus peuplées de l’Amérique centrale. De jour, la ville s’anime devant les belles façades blanches, jouis du soleil et s’enorgueilli de son passé historique. Pourtant, la nuit venue, elle se mue en un véritable lieu de terreur. Retranchés dans les arrières quartiers, deux gangs se vouent une guerre sans merci, à base de trafics de drogues, de fusillades, d’enterrements et de représailles.

C’est dans cette ambiance de violence et d’extrême pauvreté qu’apparaît Ezequiel, banal gamin des rues abandonné à son propre sort, qui rejoindra vite les bancs de la Mara 18 en quête de repères, d’une famille. Car si les gangs saluent de prime abord la hargne de leurs nouvelles recrues, c’est aussi de leur fragilité qu’elle se joue. Dès lors, c’est tout un système de valeurs qui est inversé. Le quotidien d’Ezequiel est rythmé par la défonce, le sexe et les descentes punitives. Les limites de sa conscience sont remplacées par l’excès de confiance en soi que procure la manipulation d’une arme. Une arrogance malsaine qui pousse Ezequiel à se jeter à corps perdu dans la violence. La notion de bien et de mal s’obscurcit au profit d’un seul objectif : l’honneur du groupe. Un jeu qui pourrait bien vite se retrouver contre-lui…

Directement inspiré du documentaire de Christian Poveda, La vida loca, Simon Mazière met à profit l’implication du lecteur pour dresser un véritable pamphlet anti-mafia. Sous forme de courte chronique, d’un morceau de vie, il nous plonge dans le quotidien cruel et impitoyable d’Ezequiel. Pendant toute la durée de la lecture, on se sent sur la brèche, sans trop savoir quel parti prendre. On se prend à détester le héros autant qu’il nous fascine. L’intelligence du récit réside dans sa capacité à tirer parti de l’empathie du lecteur, ce qui donne de la puissance et de la fluidité. Comme pris au piège, notre esprit captivé ne peut que réagir au final éclatant. Une maîtrise du suspense jusqu’au dernier moment.

Pour résumer...


Dans ce premier écrit, l’auteur nous ouvre les yeux sur une réalité sociale, qui bien que loin de nous, laisse des générations entières de jeunes au désespoir. Malgré la nécessité de quelques ajustements, on découvre un texte avec beaucoup de potentiel et une forme narrative particulièrement intéressante.

Ma note...


Pour un premier jet, 12/20

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