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vendredi 10 juin 2016

La petite boutique japonaise • Isabelle Artus

Chronique littéraire La petite boutique Japonaise par Mally's Books
Quand Jean-Christophe Le Kervantec, rebaptisé Thad par sa mère -fan du personnage créé par Paul-Loup Sulitzer-, rencontre Pamela, pur fruit du fanatisme culturel américain ; on s'attend à ce que cela fasse des étincelles. D'autant plus que ces deux-là partagent une passion aussi inexplicable que dévorante pour le Japon. Alors que l'un se rêve en fier guerrier samouraï, l'autre s'invente une vie de geisha de banlieue parisienne. Chacun mène cahin-caha son existence, jusqu’au jour où la chaleur accueillante de la petite boutique japonaise va les rassembler. Alors c’est le coup de foudre, l’harmonie ultime. Qui aurait dit que ces deux-là se trouveraient dans leurs différences ?

 

La quatrième de couverture…


 
"La jolie Pamela qui - allez savoir pourquoi - voulait devenir une geisha, grandit dans un pavillon à Melun-Sénart. Autant dire que ce n'était pas gagné d'avance. Pendant ce temps, après une enfance morose rythmée par les épisodes de la série Kung Fu, le jeune Thad fini par devenir un homme... de main.
Leur histoire vous apprendra que pour trouver l'amour, il faut d'abord se connaître soi-même et en passer par maintes aventures et autres rebondissements au pays du Soleil Levant."

 

Mon avis…


 
Tout d’abord, on est charmé par ce contexte inhabituel, mais empreint de douceur et de poésie. Guidé par nos deux amoureux néo-nippons, on pénètre dans un monde d’une extrême délicatesse, dans lequel la préservation des coutumes et des savoirs, la valorisation de la lenteur et de la perfection sont d’indispensables valeurs. Au beau milieu d’un siècle caractérisé la prédominance des coutumes occidentales, on s’incline devant ces deux irréductibles, qui s’affranchissent des règles sociales pour suivre leur propre voie. Mais aussi bien sur le fond que sur la forme, on s’aperçoit bien vite que l’appropriation culturelle à ses limites.

 
Sous ce curieux micmac savoureusement décalé, se cache malheureusement une description un peu superficielle de la richesse culturelle Japonaise. Alors que je m’attendais à un véritable voyage au pays du soleil levant, je déplore que l’on se cantonne au niveau des personnages, biberonnés au matraquage publicitaires, soap opera et autres séries d’action des années 80. Un tout qui fait que l’on se raccroche quasi exclusivement à des références occidentales qui présentent le pays sous un angle idéalisé. On reste sur un aspect contes et légendes qui certes, fait rêver, mais qui ne nous dit rien de la construction profonde de l’identité Japonaise. Finalement, je me suis davantage attachée au personnage de Keiko qui est là pour nous rappeler la réalité. Soumis dès leur plus jeune âge à la pression sociale, les jeunes Japonais se travestissent non pas pour honorer des traditions séculaires mais pour s'évader. A mon sens, la quête identitaire des deux héros ressemble davantage à une fuite en avant, orchestrée par la peur de grandir ; et je pense que l’immaturité de leurs choix aurait pu être exploitée avec plus d’éclat.

 

Pour résumer…


 
Malgré quelques dissonances au niveau du récit, le ton naïf et léger d’Isabelle Artus reste agréable à lire et m’a souvent fait penser à celui de Jonas Jonasson. En soit, j’ai apprécié son écriture, bien que je regrette de ne pas avoir perçu un style plus direct. Les quelques longueurs de la deuxième partie auront eu raison de mon enthousiasme initial. La lecture de La petite boutique japonaise était apaisante, mais de mon point de vue, le livre manque un peu de corps. Je m’attendais à une chute plus époustouflante.

 

Ma note…


 
13/20

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