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mercredi 9 mars 2016

Au revoir là-haut - BD • Pierre Lemaître et Christian de Metter

Chronique littéraire BD Au revoir là-haut par Mally's Books
Au revoir là-haut est l'un des romans les plus marquants qu'il m'ait été donné de lire. J'aurai aimé que cette histoire ne s'achève jamais pour retenir encore quelques instants la présence des personnages. A partir du moment où j'ai ouvert le roman, j'ai été hantée par le besoin de mettre des visages sur ces identités hors normes, de leur rendre la vie qu'elles avaient perdu. J'ai appris que cette histoire qui m'avait tant touchée avait été adaptée en BD et sans même prendre la peine de me renseigner, je l'ai immédiatement commandé. C'était physique, j'avais besoin de savoir.

Puis elle m'est arrivée dans les mains et j'ai été à la fois attirée par la puissance d'évocation des dessins et un peu réfractaire à l'idée de découvrir une réalité moins enjolivée que celle que j'avais imaginé. Sans doute influencée par l'émouvante préface signée Philippe Torreton, je me suis laissée guider par le trait de Christian de Metter. Ce fut un véritable plongeon dans un gouffre de peine et de souffrance.


La quatrième de couverture…


"1919. Au sortir de la guerre, la société française peine à ménager une place aux anciens poilus devenus encombrants et les trafics les moins glorieux y vont bon train. Albert Maillard, modeste comptable, qui a sauvé la vie d'Édouard Péricourt, jeune fils de bonne famille, juste avant la fin des combats, tente de les faire vivre de retour à Paris. Édouard, défiguré, refuse de reprendre contact avec les siens et imagine une gigantesque arnaque à la nation pour tenter de renouer avec une vie, ailleurs. "

Mon avis…


Fidèle à la noirceur cinglante de l'histoire originelle, l'univers de la BD est très sombre. Les traits sont durs et fermés ; les couleurs balancent entre extrêmement terne et le criard. On est tout de suite frappé par l'atmosphère lourde, morose presque étouffante qui se dégage des planches ; une atmosphère qui est surement bien plus représentative de la réalité que l'image que je pouvais m'en faire. C'est un point de vue très personnel, mais j'avoue avoir été un peu désarçonnée par la mise en image des personnages. Je m'imaginais les deux héros principaux plus jeunes, plus fringants alors qu'ils sont ici illustrés comme des hommes profondément cassés par la guerre. Comme toujours, l'interprétation du lecteur est mise à mal avec les adaptations. Est-ce un mal pour un bien ? Je ne saurais trop dire.

L'adaptation requiert des partis-pris qui se sont ici traduits par des raccourcis un peu faciles par rapport au texte d'origine. Elle fait l'impasse sur des passages très importants comme des moments de réflexions personnelles qui permettent notamment de saisir la psychologie des personnages et leurs émotions. Pour moi, tous ces petits détails sont infiniment importants et traduisent l'excellence du récit. Les retirer, c'est faire l'impasse sur la compréhension globale de l'histoire, ce que je trouve franchement dommage.

Ceci dit, le format BD m'a donné un regard nouveau sur cette scène très loufoque où Edouard et Albert évoquent pour la première fois l'idée de l'arnaque aux monuments aux morts. L'excentricité des masques d'animaux tranchent avec la gravité de cette conversation ce qui donne un moment totalement absurde, mais déterminant pour le destin des deux héros. J'avais presque oublié cette scène et je l'ai redécouverte avec plaisir !

Pour résumer…


Finalement, je suis contente d'avoir découvert ces deux ouvrages à peu d'intervalle. La BD est sortie deux ans après le roman et j'aurai très certainement perdu mon attachement aux personnages en attendant trop longtemps. Etant avant tout partisane de l'écrit, mon coup de cœur se confirme pour le roman. A mon sens la BD a été conçue comme un complément intéressant mais qui ne permet pas de saisir toutes les nuances et la complexité du récit. Toutefois, je trouve que l'adaptation au format illustré permet de faire découvrir cette belle histoire à un nouveau public qui aurait pu être effrayé par l'épaisseur du roman. A voir donc.

Ma note…


15/20

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